MÉTROPOLITAIN METROPOLIS
Arthur Rimbaud trans. John Brian Aspinall
Du détroit d'indigo .aux mers .d'Ossian, .sur .le .sable .rose
et orange .qu'a lavé .le ciel vineux .viennent .de .monter .et
de se croiser .des boulevards de cristal .habités .incontinent
par de .jeunes .familles .pauvres .qui .s'alimentent .chez les
fruitiers. Rien de riche. - La ville!
...Du .désert .de .bitume . fuient .droit en déroute .avec .les
nappes de brumes .échelonnées en bandes affreuses au ciel
qui .se .recourbe, .se recule . et .descend .formé .de .la plus
sinistre fumée noire .que puisse faire .l'Océan .en deuil, .les
casques, les roues, les barques, les croupes. - La bataille!
...Lève la tête: .ce .pont .de bois, .arqué .les .derniers .pota-
gers de Samarie; .ces masques .enluminés .sous .la .lanterne
fouettée .par .la .nuit . froide; .l'ondine .niaise .à la robe bru-
yante, .au bas .de la rivière; .les .crânes .lumineux .dans .les
plants de pois, .- .et .les .autres .fantasmagories, .- .la .cam-
pagne. ...Des routes bordées de grilles et de murs, contenant
à peine leurs bosquets, .et les atroces fleurs qu'on appellerait
coeurs et soeurs, .Damas .damnant .de .longueur, .- .posses-
sions de féeriques .aristocraties .ultra-Rhénanes, .Japonaises,
Guaranies, ..propres ..encore ..à .recevoir . la .musique ..des
anciens, ..- ..et .il . y .a ..des .auberges ..qui ..pour ..toujours
n'ouvrent .déjà .plus; .- .il y a des princesses, .et, .si .tu .n'es
pas trop accablé, l'étude des astres, - le ciel.
...Le matin où, .avec.Elle, .vous .vous .débattîtes .parmi .les
éclats de neige, .les lèvres vertes, . les .glaces, .les .drapeaux
noirs .et .les . rayons .bleus, ..et .les ..parfums ..pourpres du
soleil des pôles - ta force.
From the indigo strait to the shoals of Oisin
on salmon beach and burgundy sky
are crystal tenements infested by families
of youthful paupers on a diet of cabbage.

In the desert of bitumen is battle debris
under a sky that recoils from layers of fog
and the black plumes of the widowed ocean:
prows, morions, cogwheels, vertebrae ...

Remember the shires of timber bridges,
the torchlit masks in nithering night?
Remember the skulls in samerian potagers
and the naiad creaking in the lethal river,

the fences that scarcely restrain the spinneys
of horrible flowers we call stolen sisters,
the fairy-story proprietors from Dusseldorf
or Kyoto, baffled by antique music?

If not too overwhelmed by astrology
or damned by the tedium of damask, remember
the interdicted hostelries, idiosyncracies
of columbines, all the vigorous phantasmagoria

of your tumble with the unremembering goddess
on lawns of snow like sweet ice cream
amid morning banners and forest lanterns
and the perfumed mauve of the polar sun.

Trans. copyright © John Brian Aspinall 2006


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