| APRÈS LE DÉLUGE | AFTER THE FLOOD |
| Arthur Rimbaud | trans. John Brian Aspinall |
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Aussitôt après que l'idée du Déluge se fut rassise, Un .lièvre .s'arrêta .dans .les sainfoins . et les clochettes mouvantes .et dit sa prière à l'arc-en-ciel à travers la toile de l'araignée. ...Oh! les pierres précieuses qui se cachaient, - les fleurs qui regardaient déjà. ...Dans la grande rue sale .les étals se dressèrent, .et l'on tira les barques vers la mer étagée là-haut comme sur les gravures. ...Le sang coula, chez Barbe-Bleue, - .aux abattoirs, .- dans les cirques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et le lait coulèrent. ...Les castors bâtirent. Les "mazagrans" fumèrent dans les estaminets. ...Dans .la .grande .maison .de vitres .encore ruisselante .les enfants .en deuil regardèrent les merveilleuses images. ...Une .porte .claqua, .et . sur la place .du hameau, .l'enfant .tourna .ses bras, compris .des girouettes .et .des coqs des clochers de partout, .sous l'éclatante giboulée. ...Madame .*** . établit un piano dans les Alpes. .La messe et .les premières communions se célèbrèrent aux cent mille autels de la cathédrale. ...Les caravanes partirent. . Et .le .Splendide Hôtel .fut bâti .dans le chaos de glaces et de nuit du pôle. ... Depuis lors, .la Lune entendit .les chacals piaulant par les déserts de thym, - et les églogues .en sabots . grognant .dans .le . verger. .Puis, . dans la futaie violette, bourgeonnante, Eucharis me dit que c'était le printemps. ...- Sourds, étang, .- Écume, roule sur le pont, .et par-dessus les bois; - draps noirs et orgues, - éclairs et tonnerre; .- montez et roulez; .- Eaux et tristesses, montez et relevez les Déluges. ...Car depuis qu'ils se sont dissipés, .- .oh les pierres précieuses s'enfouissant, et les fleurs ouvertes! .- c'est un ennui! et la Reine, .la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, .ne voudra jamais nous raconter .ce qu'elle sait, et que nous ignorons. |
After the flood a hare crouches amid spiderwebs and swaying clover as if praying to the rainbow. A door slams. On the village green a child semaphores, understood by the weathercock. The moon resumes its wolves. In the dripping greenhouse the mourners of the drowned exclaim at the marvellous tomatoes. Morning girls in mauve sandals grumble in the orchard. Booths reopen on the scumwashed wharf. Boats are launched towards breakers crisp as an old print and caravanserais prepare: hotels shall rise splendid on the ice of polar night. But some of us implore dismay to roll its world again over the chimneys and treetops so that the sorceress can shelter the candle in the clay pot and extrapolate dreams. |
Trans. copyright © John Brian Aspinall 2006