LES PROMESSES D'UN VISAGETHE PROMISES IN A FACE (tanka)
Charles Baudelairetr. James Kirkup
J'aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
D'où semblent couler des ténèbres,
Tes yeux, quoique très noirs, m'inspirent des pensers
Qui ne sont pas du tout funèbres.



Tes yeux, qui sont d'accord avec tes noirs cheveux,
Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent: "Si tu veux,
Amant de la muse plastique,



Suivre l'espoir qu'en toi nous avons excité,
Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
Depuis le nombril jusqu'aux fesses;



Tu trouveras au bout de deux beaux seins bien lourds,
Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
Bistré comme la peau d'un bonze,



Une riche toison qui, vraiment, est la soeur
De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t'égale en épaisseur,
Nuit sans étoiles, Nuit obscure!"
O my pale beauty,
I love your lowering brows
from which all shadows
seem to flow; your eyes, though deep
and dark, inspire in me thoughts

that are by no means
funereal. - Your eyes, that
echo your black hair's
buoyant elasticities,
your eyes, languishing, tell me:

"If you'd care, lover
of the muses' plastic arts,
to pursue the hope
we have aroused in you, and
all the passions you profess,

you may ascertain
our authenticity - from
navel to rump;
you'll find at the tip of two
beautifully loaded breasts

two broad bronze medals,
and under a smooth belly,
richer than velvet,
tawny as a Buddhist bonze,
a thick fleece, that is truly

the sister of that
enormous head of hair, so
supple, curly, and
equal in denseness only
to starless night, blackest night."

Trans. Copyright © James Kirkup 2003


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