NARCISSUSNARCISSUS
Jean Lorraintrans. James Kirkup

Ni les douces langueurs des flûtes et des lyres,
Ni les parfums mourants des vagues encensoirs
En cadence envolés dans le calme des soirs,
Ni les bras frais et nus ni les savants sourires



Ne peuvent rallumer le feu des vains espoirs
En mon coeur et, lassé d'amours et de délires
Factices, blond éphèbe effroi des hétaïres
Jalouses, j'ai posé mon front dans les lys noirs.



Et les lys vénéneux, fleurs d'ombre et de ténèbres,
Sur ma tempe entr'ouvrant leurs calices funèbres,
M'ont appris mon infâme et chaste déshonneur;



Et, descendu vivant dans l'horreur de mon être,
J'ai savouré l'étrange et suave bonheur
De pouvoir me haïr, ayant pu me connaître.

Neither soft languors
of flutes and lyres, nor perfumes
expiring in vast
incense bowls, impulsively
exhaled on evening stillness,

nor fresh, bare limbs, nor
knowing smiles wake in my heart
wearying of love
and facile deliriums -
a blond ephebe, despair and,

jealousy of all
courtesans, I laid my lips
among black lilies.
And the poisonous blooms, those
flowers of darkness and death

unveiling upon
my brows their funeral cups
cursed my infamy
and all my chaste dishonour;
then, still alive, descending

into the horrors
of my being, I savoured
the curious joy
of being able to hate
the self I had learnt to know.

Trans. copyright © James Kirkup 2003


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