| SONNET | SONNET |
| Stéphane Mallarmé | trans. A. S. Kline |
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Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre Ce lac dur oublié que hante sous le givre Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui? Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui Magnifique mais qui sans espoir se délivre Pour n'avoir pas chanté la région où vivre Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui. Tout son col secouera cette blanche agonie Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie, Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris. Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne, Il s'immobilise au songe froid de mépris Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne. |
The virginal, living and lovely day Will it fracture for us with a drunken wing-blow This solid lost lake whose frost’s haunted below By the transparent glacier of flights not made? A swan from time past remembers it’s he Magnificent yet freeing himself hopelessly Through not having sung of a liveable country In the radiant boredom of winter’s sterility. His neck will shake off this whitest agony Space inflicts on a bird that denies it, wholly, But not earth’s horror that traps his feathers. Phantom assigned to this place by his brilliance, In his useless exile swathed, motionless, By the Swan’s cold dream of defiance. |
Trans. copyright © A. S. Kline 2004